Mon expérience avec un pervers narcissique | partie 1

Avant-propos

Tout d’abord j’aimerais préciser que cet article ne vise pas du tout à attiser la haine envers les personnes ayant un trouble narcissique, ni de les diaboliser, à travers ces quelques lignes j’aimerais vous faire part de mon histoire, et vous apportez les meilleurs conseils possibles. J’aimerais aussi démontrer que ces personnes ne sont pas le « mal » incarné comme on a pu si souvent l’entendre, ils sont toxiques oui, mais nous aussi nous le sommes ou l’avons été pour certaines personnes. Nous sommes tous humains.

Mon histoire

Tout a commencé il y a 5 ans de ça, je vivais encore chez mes parents, la situation était tendue avec mon papa car nous n’arrivions plus à communiquer depuis le divorce de mes parents, comme si quelque chose s’était cassé. Je travaillais depuis quelques mois en tant qu’assistante administrative, c’était mon premier emploi après la fin de ma formation. Au début, dans cette entreprise je me sentais bien, sereine, j’avais du plaisir à aller travailler, j’étais jeune j’avais 19 ans, alors mes collègues avaient de la sympathie pour la jeune femme que j’étais. Malgré tout, au fur et à mesure du temps, les choses se dégradaient, un changement d’organisation avait eu lieu, et je me retrouvais subordonnée à des personnes m’ayant fait subir du mobbing pendant plusieurs mois. C’était très difficile car j’avais déjà vécu cela pendant mes 3 années de formation, avec ma formatrice et je ne voulais pas revivre cet enfer. Je commençais à louper le travail régulièrement, j’avais tellement peur d’y aller que je me rendais malade. Maintenant avec le recul je me rends compte que j’étais en burn-out…

C’était une période de ma vie où je n’avais pas du tout confiance en moi, je me trouvais horrible, j’avais peu d’estime pour mes capacités intellectuelles, mes relations familiales étaient incertaines, mon emploi était horrible, bref on pourrait dire que j’étais au plus bas.

Pendant cette même période, un garçon m’ajouta sur un réseau social, généralement je n’acceptais jamais personne que je ne connaissais pas, mais je ne sais pour quelle raison je l’ai laissé passer entre les mailles du filet. De plus, cela faisait quelques mois que je n’étais plus avec mon premier amour, et je me sentais prête à rencontrer à nouveau quelqu’un.

On commença à beaucoup parler, jour, nuit, même pendant mes heures de travail, il était mon échappatoire. Quelques jours après nos discussions, on décida de se voir, et là, le feeling fut instantané, il me faisait tellement rire, et croyez-moi, j’en avais bien besoin. On parlait de nous, de comment on voyait la vie, de nos expériences passées, de qui on était vraiment, de nos peurs, tout semblait parfait. Ce qui me plaisait c’était le fait qu’il soit un peu différent, c’est un garçon hors norme. La deuxième fois que nous nous sommes revus, on décida d’officialiser notre relation, on savait qu’on était fait pour être ensemble.

Vous savez quand je suis amoureuse, je suis une pile, je brille de mille feux tellement je suis heureuse, tout le monde le voit, pourtant avec lui, nous étions aux prémices de notre histoire et j’étais éteinte. Je sentais que quelque chose n’allait pas, je me sentais presque en déprime, alors je mis ça sur le compte de mon mal-être au travail. Avec le recul, je sais que mon corps a cherché à me parler, et que c’était mon intuition qui me disait que c’était une mauvaise idée.

Avec lui, tout alla très vite, je me suis laissée submergée par tout ce qu’il me disait, à cette époque l’aval de mes parents était encore très important pour moi, et je me disais toujours que je voudrais rencontrer quelqu’un qui leur plairait (ça a bien changé aujourd’hui), alors ce qui arriva ; au bout de deux semaines de relation je le présenta à mes parents, mon papa l’adopta directement, c’était fou la relation qu’ils entretenaient tous les deux, c’était beaucoup de rires, de taquineries, une grande complicité s’était installée, j’étais aux anges.

On rencontra par la suite chacun l’entourage de l’autre, on organisa même des soupers avec tous nos amis pour qu’ils se rencontrent tous, j’étais tellement heureuse.

C’était quelqu’un qui était très apprécié de tous, il faisait rire n’importe qui, que ce soit un enfant de 3 ans, un adulte de 30 ans ou même une personne âgée, tout le monde le trouvait drôle et appréciait sa compagnie. Il avait vraiment cette image du mec très gentil, toujours prêt à aider. Il travaillait dans le social, ce qui le rendait encore plus « bienveillant » aux yeux des gens, mais détrompez-vous….

Autre point important à aborder, c’est qu’il m’avait parlé de son enfance qui n’était vraiment pas rose, et moi en bon sauveur que je suis, je voulais le sauver à tout prix, je m’était infligée ça comme mission, c’est là que l’on peut voir qu’autant lui bourreau/victime et que moi sauveur/victime nous nous retrouvions dans un schéma dysfonctionnel. (Triangle de Karpman)

Quelques semaines plus tard, mon papa devait quitter notre maison familiale, il voulait s’installer avec sa copine, ce qui faisait, que je devais partir, étant donné que je vivais avec lui. C’est alors qu’il me proposa que l’on emménage ensemble, oui ça faisait bel et bien deux mois que nous étions ensemble, mais je ne sais pour quelle raison j’accepta, de toute façon j’étais convaincue que c’était l’homme de ma vie, il y avait beaucoup de choses qui me dérangeaient, mais je ne disais rien car j’étais persuadée que cela s’estomperait avec le temps, d’autant plus que je savais que je n’étais pas amoureuse comme j’avais pu l’être par le passé, mais tout me semblait si parfait que je me disais que ça viendrait, que j’étais trop compliquée, et que je devais arrêter de me poser toutes ces questions.

Cette relation idyllique ne dura pas du tout, avec lui je me laissais aller dans des côtés sombres de moi, je me mis à boire plus qu’il n’en faut, de plus en plus régulièrement, j’avais même des trous noirs de certaines soirées, je ne comprenais pas pourquoi je devenais comme ça, je loupais le travail de plus en plus, il arriva un moment où je me mis en arrêt maladie et je n’y retourna plus jamais.

Il entretenait des relations avec les femmes très particulière, il était sans cesse dans la drague, et après il s’étonnait que des femmes lui écrivent et flirt avec lui, il me jurait que jamais il ne pourrait me tromper. Mais tromper ce n’est pas dépasser la limite fixée dans notre couple ? En tout cas nos limites n’étaient clairement pas les mêmes, mais il ne voulait pas le reconnaître et ne voulait pas non plus accepter les miennes.

Il commençait à critiquer tout mon entourage (amical), à me faire culpabiliser pour tout, il avait des propos très violents à mon égard, il me faisait comprendre que sans lui je n’étais rien, en fait vous voyez le peu de confiance en moi qu’il me restait ? Il l’a balaya en quelques semaines à peine.

Je me rendais compte que le visage que j’avais vu de lui et qui me dérangeait était en fait son vrai visage, évidement que sur le moment je n’avais conscience de rien.

Honnêtement je commençais à vivre un enfer, il sortait et me laissait seule, mais vu que ma blessure d’abandon ressortait je ne parvenais pas à trouver le sommeil sans lui, je faisais des crises d’angoisses, et quand je lui demandais de rentrer, c’était la scène assurée. Lors de nos prises de tête, la faut revenait systématiquement sur moi, j’étais trop sensible comme il le disait si bien, ou je pleurais pour rien.

Il a su me rendre accro à lui, tellement accro que quand on était pas ensemble j’étais morte de l’intérieur, oui je sais c’est fort comme mot mais c’est vraiment ce que je ressentais. Ma blessure de dépendance affective était à son apogée, je ne vivais que pour lui.

Je quitta mon travail, je me retrouvais sans travail, sans amis, sans vie privée, sans passion, sans rien à part lui, il était ma seule raison de vivre. Plus les mois passaient, et plus cette situation était invivable, je pleurais presque tous les jours, je me sentais si mal. Personne de mon entourage ne se doutait de ce qu’il se passait, car je cachais tout, je ne voulais surtout pas que mes proches sachent tout cela, je voulais préserver l’image qu’ils avaient de lui, de l’homme bienveillant, amoureux, et qui ferait tout pour moi.

Arriva un jour où on décida de partir à quelques centaines de kilomètres de chez nous, il avait reçu une proposition d’emploi, et on espérait que notre vie s’arrangerait, et que notre couple aussi.

On trouva un emploi dans la même entreprise, moi en tant que responsable administrative et lui en tant qu’éducateur social, on vivait dans un rêve, on s’entendait bien avec tous nos collègues, avec notre directrice, même la famille de notre directrice, on pensait avoir trouvé notre vie, notre vie parfaite.

Lui et moi ne travaillions pas sur le même site, on se trouvait à 15 minutes l’un de l’autre, ce qui était parfait car de cette façon on ne se voyait pas trop. Plus le temps passait, et plus des rumeurs ont commencées à émerger entre lui et son apprentie. Mes collègues venaient me dire qu’il avait un comportement déplacé avec elle, mais quand je lui en parlais il me disait que les gens étaient fous, qu’il ne me ferait jamais ça, enfin le même refrain qu’à chaque fois que je soupçonnais quelque chose. Ce comportement qu’il avait me rendait folle, je n’étais pas de nature jalouse, mais là c’était trop, et quand j’avais l’audace de le confronter à ses conneries, il parvenait à retourner la situation, et que finalement ce soit moi qui ait fait une connerie, il était très fort à ce petit jeu.

De base, je ne suis pas quelqu’un qui arrive à dire les choses, mais du coup avec lui c’était pire, il m’a mis dans de ces états, je ne me reconnaissais pas, vu que je ne parvenais pas à dire les choses, et bien ça sortait quand j’avais bu, et je faisais des crises, c’était très violent, et même en y repensant, j’ai un peu honte, mais c’était trop, il me poussait à bout, et lorsqu’il me poussait à bout comme ça, il me le faisait bien regretter ensuite en me faisait la gueule plusieurs jours pour que je rampe bien à ses pieds pour qu’il me pardonne. Vous voyez le schéma ?

Plus ces disputes étaient fortes et plus l’emprise qu’il avait sur moi devenait intense, car j’avais si peur de le perdre ou qu’il me quitte, que j’aurais fait n’importe quoi pour que cela n’arrive pas.

Je ne travaillais pas à plein temps et je commençais petit à petit à me réveiller de ce cauchemars, je voulais partir, mais je ne savais pas comment. J’avais décidé un jour que tous les mercredis je me rendrais chez ma maman pour la voir et pour un peu sortir de tout ça. Je revoyais aussi des amis que je n’avais plus revu depuis tellement longtemps, et cela me permettait de me rendre compte, dans le cercle dans lequel je me trouvais. Après de longues discussions et des scénarios que je me faisais dans ma tête, je ne parvenais pas à trouver d’issue favorable à cette histoire, j’avais peur de lui. Pas peur physiquement, mais peur qu’il détruise ma vie, vous me direz qu’il l’avait déjà détruite mais je ne le savais pas, je n’avais conscience de rien…. Je pensais que sans lui j’étais finie et que je n’avais aucun avenir.

L’été d’après, ma maman me proposa de partir en vacances avec elle, son copain et mon frère, et j’accepta, et c’est à ce moment-là que je ne suis plus jamais retournée chez nous. Oui je sais que c’est très lâche de quitter quelqu’un par téléphone, mais j’en étais incapable en face, il réussissait tellement bien à me manipuler que je n’arrivais jamais à aller au bout des choses. Et de toute façon je me disais qu’il allait bien rebondir étant donné qu’il me répétait à longueur de journée qu’il n’avait pas besoin de moi pour vivre, oui c’est très valorisant comme paroles.

A suivre ….

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